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13/03/2008

Bourdais, une vedette américaine

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« A la fin de 2006, je pensais que tout était fini ». Terrible aveu que celui de Sébastien Bourdais, un Manceau pour qui la Formule 1 était l'ultime étape de sa carrière construite patiemment. Karting, Filière Elf, F3, F3000...Parcours idéalement traité. Il eut été logique que le jeune Français passât rapidement à l'échelon terminal d'une carrière automobile : La Formule 1. Et puis deux « détails », de ceux qui vous font une histoire personnelle, sont venus perturber et dévier ce solide plan de carrière.

Le premier survient en 2002. Sebastien obtient un essai chez Arrows. Tom Walkinshaw est séduit. Mais l'avenir de l'improbale écurie est au noir. Elle disparaît dans un gouffre financier et les espoirs de Sebastien avec. « La seul chance que j'ai eu alors de conduire une F1 était passée. Il est difficile d'avoir plus d'une opportunité car une nouvelle génération arrive et vous êtes chanceux si vous avez une nouvelle occasion » La seconde chance viendra pourtant. Mais bien plus tard

L'autre est plus personnel : une prise de bec avec Flavio Briatore, celui qui fait et défait les plateaux de F1. Patron de Renault sur les circuit de F1mais aussi « agent de pilotes » il n'a pas son pareil pour ficeler des contrats qui le lient à des jeunes espoirs. A son actif quelques belles trajectoires quand même. Alonso doit sans doute une grosse partie de ses deux titres mondiaux au travail de l'ancien ami du patron de Benetton. Ca ne l'a pas vraiment fait avec Sebastien Bourdais. Le caractère bien trempé du Sarthois n'a jamais pu s'accorder aux exigences de Briatore. Seb se voit préférer Franck Montagny, un autre Français comme troisième pilote de l'écurie dirigée par Flavio. Exit Renault mais aussi pendant pas mal de temps la route coupée vers d'autres écuries. Quand on se fâche avec Briatore, on se fâche avec une grosse partie du paddock de la Formule 1.

 

Débute alors l'exil américain du jeune homme bien sous tout rapport que pourtant la F1 semble bouder.

Sébastien Bourdais vogue vers un championnat alors assez confidentiel en Europe: le Champcar. Il y fera fortune. Avec en prime de solides amitiés, une belle histoire d'hommes entre le petit gars, ancien élève du collège de Mulsanne à deux pas du circuit des 24 Heures du Mans et Paul Newan, l'un des derniers monstres sacré d'Hollywood. Bourdais devient un immense champion pour les fans américains.

Après quatre titre, un record, les Américains en font une star de leur paysage automobile. A 29 ans, Sébasien se dit qu'il faut tirer un trait sur son rêve de gosse.

 

Avec quand même niché au fond de lui l'étrange frustration de ne pas avoir pu aller au bout du « programme ». Patrick son père fut un redoutalbe combattant des cicuits. Tout naturellement, il lui a légué un immense désir. Certains « héritiers » vivent très mal cet héritage du désir paternel. Sébastien lui, l'a assumé en restant superbement équilibré. Patrick, a beaucoup donné, beaucoup souffert souvent et aussi beaucoup partagé. Sébastien a su rester lucide et calme quand son père vibrait comme un minime. Mais restait quand même cette route inachevée.

 

Et puis Bourdais a rencontré Nicolas Todt. Les deux jeunes gens se sont entendus et le fils du patron de Ferrari a su faire jouer ses relations du paddock. Gerhardt Berger a vite compris tout le bien qu'il pourrait tirer de la venue de cette star américaine. Bourdais est choisi pour piloter la Toro Rosso, une monoplace du milieu de paquet équipée quand même d'un moteur... Ferrari.

 

« Ce volant, je le prends comme un bonus dans ma carrière » affirme-t-il. Pour qui le connaît bien,  cette opportunité sera joué « à fond ». Seb sera sans doute un tout petit peu moin vite en essais que Vettel, son équipier, sans doute une grosse star en devenir. Mais lors qu'il s'agira de gérer sa course, nul doute que l'énorme expérience du Manceau sera un atoût maître.

Même si dans cet étrange monde, on ne lui laissera pas vraiment le temps de tergiverser trop longtemps.

Publié dans F1 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : F1, Bourdais |  Facebook | |

Commentaires

Briatore a, à l'évidence trop de pouvoir en F1.
Un manager digne de ce nom n'aurait pas hésité entre Fisichella et Sébastien Bourdais.
Quand on fait passer ses humeurs avant les intérêts de l'entreprise pour laquelle on bosse, normalement, on dégage mais bon ...
Aprés tout, il fait partie du show avec ses copines de l'âge de sa fille et ses montres à 10 000 dollars :-)

Écrit par : Pascal Bodson | 18/03/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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