Avertir le modérateur

06/03/2009

Salon de Genève : Un choc de civilisation

Wiesmann Roadster MF4 Seitenansicht.jpg 

Premier véritable salon de la crise, Genève n'a pourtant pas semblé répercuter totalement la nécessité d'une tendance forte à la diminution des prix des modèles commercialisés. On reste sans doute très branché écolo sans véritable prendre la mesure du cataclysme économique qui s'abat sur le secteur. La faute sans doute à une tradition suisse d'une économie triomphante qui, elle aussi connaît quelques ratés depuis trois mois.

Pourtant, quelques marques ''low cost'' y prennent de plus en plus d'espace. Signe des temps.

 

Idéalement placé entre Allemagne, Italie et France, le salon de Genève, c'est le rendez-vous obligé de l'automobile européenne. Les premières journées, théoriquement consacrées à la presse pourtant voient défiler tout ce que l'auto compte comme patrons de marketing, commerce, cadres supérieurs du grand marché européen. Costumes sombres et chaussures à la mode italienne, tout ce petit aéropage vient constater l'état de la concurrence, dans une happening pas toujours très lucide. Depuis pas mal d'années, les Allemands triomphants y tenaient le haut du pavé. Les grosses berlines d'outre Rhin se vendent très bien au pays des coffres-forts et en 2009, la tradition n'est pas vraiment rompue puisque Mercedes, Audi et BMW présentent leurs production sur de solides espaces qui en disent long de leurs ambitions commerciales. Audi y présente son Q5, un SUV bien moins outrecuidant que le Q7. Mercedes décline sa nouvelle Classe E tandis que BMW présente le nouveau Z4 en avant première mondiale. Pas de tension, pas encore d'état d'âme, ces marques-là ne vivent pas encore dans le même monde que les autres constructeurs.

La crise n'est surtout pas la même pour tout le monde. En témoigne la présence un peu provocatrice d'un Hummer aux biocarburants. Les préparateurs allemands sont eux aussi très en vue, Abt, Irmsher, Ruf , Alpina, et d'autres présentent des modèles magnifiques mais tellement hors propos désormais que l'on se surprend à de réflexions pas toujours très sympathiques et sans doute bien trop correctes politiquement pour ces idoles que l'on adulait hier. Il reste quand même quelques magnifiques unités comme ces Wiesmann absolument enivrantes qui ne sont pas sans faire référence aux grands stylistes d'antan. La voiture peut et doit rester objet de création. Même lorsque les temps sont durs.

 

Et au milieu trône la Nano de Tata

 

Tata Nano.JPGUn salon c'est aussi un milieu de contraste. Les stands Bentley, Aston Martin, Lamborghini, Ferrari Maserati sont pris d'assaut par des messieurs et des dames fort bien habillés tandis qu'en plein milieu du salon trône la désormais Nano des Indiens de Tata. Pour l'instant, la commercialisation est reportée à une date ultérieure mais le constructeur du nouveau tigre de l'Asie semble absolument convaincu de détenir l'avenir du monde automobile. 2500 $, 600cm3, moteur essence, quatre places, climatisation en série... le rêve automobile pour certains. Sauf que pour l'instant, du côté des tests européens, de sécurité, le petit oeuf indien ne passe pas. Il ne suffit pas en effet de lettre sur la route un engin à la portée de toutes les bourses encore faut-il qu'il corresponde aux critères de sécurité en vigueur. Pas possible pour l'instant d'essayer la Nano. On frémit un peu quand même en s'installant à son volant. Pour faire bref, c'est comme une 4L mais en beaucoup plus petit. On imagine très mal une coexistence entre cette mini voiture et les gabarits habituels de la circulation.

 

 

Pour l'instant, les seuls capables de correspondre semblent être Dacia. Ses modèles low cost nés d'une volonté de satisfaire les besoins des pays émergents en s'appuyant sur une solide base d'organes font fureur. Le président Louis Schweitzer avait vu juste mais un peu court. Désormais, les ventes des Logan et des Sandero dépassent les prévisions les plus optimistes. Surtout en Europe ! Mais doucement et sûrement, chaque constructeur, dans son coin se prépare à mettre sur le marché des véhicules désormais abordables Peugeot, sans vouloir le dire trop haut, adapte une 206, Suzuki attend mont et merveilles de sa nouvelle Alto « à moins de 8000 € » confirme Jean-Luc de la Ruffie,le directeur commercial France de la marque nippone, Honda a fait de l'Insigth un cheval de bataille qui alliera, hybridation et prix de vente abordable. À reculons, en rechignant, en fronçant du sourcil, les constructeurs devront de toute façon, quoiqu'il arrive réadapter leur gamme à l'état du marché : vers le bas, forcément vers le bas.

 

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu